Je me plais dans le silence, comme noyé dans la musique
J’aime me taire par aisance, comme certains donnent la réplique
Aux mots j’essaie de donner sens, à trouver la formule magique
Et faire que mon esprit danse, pour ne pas être à jamais statique
Ô, mots, sacrés compagnons, qui me guidez depuis ma naissance
Je vous chante soirs entiers au balcon, comme une parade de flots intenses
Je vous couche sur feuille sans un son, pour éviter au dehors les sorties de violence
Comme le premier amour sous un frêle jupon, souvenir unique de cette éternelle jouissance
J’admire le vent du soir, qui mène le soleil à l’horizon
Avec le souffle de l’espoir, qu’il retrouve sa place au Panthéon
Sans un bruit, sans histoires, il rythme et conseille nos saisons
J’attends qu’il me raconte les déboires, d’un chef d’orchestre muet tournant en rond
Le silence est d’or et magnifique, quand il nous plonge dans notre propre désespoir
Quand il nous donne un air nostalgique, qu’il nous renvoie comme un miroir
Il est d’instinct artistique, quand on ne veut pas décevoir
Quand trop facile est la critique, Ô mots, taisons-nous, allons nous rassoir